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Les médias en Suède : surinformation, fragmentation et diversité culturelle

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
© Patricia Pipaud
Les Suédois consacrent 5 heures et 52 minutes aux médias chaque jour, consultations moyennes de chacun des médias
Les Suédois consacrent en moyenne cinq heures et cinquante-deux minutes à la recherche de l’information conduisant ainsi à décrire la société suédoise dans une situation de surinformation. La télévision domine le paysage médiatique suédois ; elle est regardée pendant une heure et demie chaque jour. Les deux chaînes publiques SVT 1 et 2 conservent environ 30 % des parts d’audience. Elles sont complétées des chaînes nationales TV3 (8,1 %), TV4 (19,2 %) et kanal 5 (6,8 %). Les chaînes internationales, nombreuses dans les offres de télévision par satellite et par câble, réalisent de faibles audiences : respectivement 1,2 et 0,8 % pour Discovery et Music TeleVision (MTV), les plus significatives. Aux côtés de la télévision, les audiences radiophoniques se maintiennent avec une heure et demie d’écoute quotidienne. La structure du marché, évoquée ici, entraîne une faible participation de ce média sur le marché de la publicité (2 %). 

Surtout, l’utilisation d’Internet comme source d’information est en forte augmentation, progressant de 7 à 19 % en cinq ans. En 2010, 91 % des Suédois ont accès à Internet depuis leur foyer. Les médias traditionnels profitent au mieux de ce support : site officiel, services personnalisés, blogs, applications mobiles, podcasts, etc.. Entre autres, AftonBladet, quotidien populaire, enregistre 4,2 millions de visiteurs hebdomadaires sur son site web. Les réseaux sociaux bénéficient en second lieu de cette croissance des consultations d’information sur Internet. Finalement la presse quotidienne se maintient, avec 460 exemplaires vendus pour mille habitants. Premièrement, la presse suédoise possède une base locale forte : seuls deux quotidiens d’information, un quotidien économique et un gratuit ont une ambition nationale. Ensuite, les ventes de ces journaux sont presque assurées par les abonnements avec un système de distribution performant dans cet Etat déployé en latitude. 

Enfin les quotidiens gratuits, fondés en Suède en 1995 avec le titre Metro concurrencent les quotidiens, à la fois sur le marché des médias et sur le marché de la publicité. 

Mais ce panorama cache une fragmentation croissante des audiences selon l’âge. De fait, les jeunes Suédois préfèrent les radios commerciales, les journaux gratuits et les réseaux sociaux proposés sur Internet alors que les adultes de 45 à 64 ans privilégient les médias du service public, les quotidiens traditionnels et leurs sites web respectifs. Cette dispersion des audiences dans une économie d’abondance questionne à nouveau l’objectif de diversité culturelle. 


Sources :
Mediamätning i Skandinavien [mesure des médias en Scandinavie], (2011), Årsrapport 2010 [Rapport annuel 2010], disponible à l’adresse http://www.mms.se/_dokument/rapporter/ar/%C3%85rsrapport%202010.pdf
NORDICOM, (2005), Nordicom-Sveriges Mediebarometer 2004 [Baromètre Nordicom des médias en Suède en 2004], disponible à l’adresse http://www.nordicom.gu.se/common/publ_pdf/178_Den%20samlade%20medieanvandningen%202004.pdf
NORDICOM, (2010), Nordicom-Sveriges Mediebarometer 2009 [Baromètre Nordicom des médias en Suède en 2009], disponible à l’adresse http://www.nordicom.gu.se/mt/filer/mediedagen_2009_tid.pdf
Statistiska centralbyrån [institution nationale de la statistique], (janvier 2011), Privatpersoners användning av datorer och Internet 2010 [Usage des ordinateurs et d’Internet pour les personnes privées en 2010], disponible à l’adresse http://www.scb.se/statistik/_publikationer/LE0108_2010A01_BR_IT01BR1101.pdf
WEIBULL Lennart, JÖNSSON Anna Maria, WADBRING Ingela, (16 février 2011), “Media Landscape: Sweden”, dans European Journalism Center, disponible à l’adresse http://www.ejc.net/media_landscape/article/sweden/

La radio en Suède : un marché concentré

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
 fuzzy broadcast by © Floresent-Adolesent1
 fuzzy broadcast by © Floresent-Adolesent1
Tout comme la British Broadcasting Corporation (BBC), SR est née d’une initiative privée en 1924. Mais la licence d’exploitation est bien vite rectifiée par le gouvernement social-démocrate. 

La radio, publique donc, reste longtemps protégée. En 1979, le Parlement autorise l’émergence de radios de proximité. Elles répondent à des critères stricts de programmation et ne peuvent émettre dans un rayon de cinq kilomètres uniquement. Ce n’est qu’en 1993 que sont introduites les radios commerciales. Les concessions sont vendues aux enchères par le Parlement. Le coût élevé de celles-ci ajouté à un investissement de départ démesuré entraînent des faillites et des fusions sur le marché malgré les prévenances du Parlement : aucun concessionnaire ne peut détenir plusieurs concessions, les stations locales ne peuvent être contrôlées en majorité par un quotidien. 

Aujourd'hui, deux réseaux dominent le marché : Modern Times Group Radio (MTG Radio) avec quarante-six stations et Scandinavian Broadcasting Systems Radio (SBS Radio) avec quarante stations. Toutefois, SR conserve environ 60 % des parts d’audience. Les radios commerciales s’adressent préférentiellement à un jeune public urbain grâce à un programme musical conséquent. En d’autres termes, le marché de la radio, en Suède, est concentré avec un faible nombre de stations FM, cent vingt-quatre, contrôlées par trois groupes MTG (46), SBS (40) et SR (33). A travers SR, l’acteur public intervient pour le maintien d’une diversité à l’aide d’une gamme complète de produits culturels. SR international s’inscrit dans ce contexte.

Sources :
Ambassade de France à Stockholm, (janvier 2009), « Les médias en Suède », dans Paysage médiatique, disponible à l’adresse http://www.ambafrance-se.org/france_suede/spip.php?article1766
Observatoire Européen de l’Audiovisuel, (9 avril 2002), La situation financière des organismes publics de radio-télévision en Europe tend à se dégrader, disponible à l’adresse http://www.obs.coe.int/about/oea/pr/service_public.html
WEIBULL Lennart, JÖNSSON Anna Maria, WADBRING Ingela, (16 février 2011), “Media Landscape: Sweden”, dans European Journalism Center, disponible à l’adresse http://www.ejc.net/media_landscape/article/sweden/

La diversité culturelle en Suède : entre coopération internationale et cohésion sociale

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
Into the Unclear by © EllieZ
Into the Unclear by © EllieZ
En Suède, le terme de culture possède un sens large. L’usage du pluriel, dans les documents officiels et dans les médias, est fréquent. Par conséquent, la définition proposée comme l’ensemble des usages, des coutumes, des formes d’expression artistiques et intellectuelles d’un groupe ethnique, religieux ou social, semble s’adapter au contexte suédois. L’expression de diversité culturelle émerge en 2000 alors que le Conseil de l’Europe édicte la Déclaration sur la diversité culturelle. Son emploi s’est depuis stabilisé. Mais le vocabulaire de la culture est complété des termes intégration, assimilation et multiculturalisme. Le concept de l’assimilation est d’usage courant à la fin des années 1990, il apparaît ponctuellement au moment des élections au Parlement de 2002 puis s’efface progressivement. La formule du multiculturalisme est mobilisée plus régulièrement. Son utilisation croît fortement depuis 2008. Le terme d’intégration est mentionné le plus couramment. L’usage du mot a triplé au tournant des années 1999-2000. Plusieurs pics de fréquence sont observables en 2000, 2002, 2006 et 2010. Les trois dernières dates correspondent à des échéances électorales. En définitive, l’emploi d’un lexique associé à la culture s’est intensifié depuis 2000. Cette année marque la Déclaration sur la diversité culturelle mais aussi la ratification par la Suède de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. La Suède reconnaît à cette date cinq minorités nationales : les Finlandais, les Juifs, les Tornedaliens, les Roms et les Sámis. Surtout, le débat est ravivé au moment des élections au Parlement qui ont lieu tous les quatre ans. Il faut noter que l’expression des publications du gouvernement et du Parlement est « diversité culturelle et ethnique ». La protection et la promotion de la diversité culturelle suit deux orientations en Suède : la coopération internationale d’un côté et la cohésion sociale à l’échelle nationale, de l’autre. La coopération internationale s’attache à la compréhension et au respect mutuel des cultures. Pour les associations régionales (Union Européenne, Conseil des Etats de la mer Baltique, Conseil nordique des ministres), ce volet est affiné vers des questions économiques : accueil d’évènements internationaux, promotion des industries créatives, harmonisation du secteur audiovisuel. En ce qui a trait à la cohésion nationale, les politiques insistent sur la reconnaissance des minorités nationales et issues de l’immigration et encouragent l’expression de cette richesse culturelle. 


Sources :
Conseil de l’Europe, (janvier 2011), Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, disponible à l’adresse http://conventions.coe.int/Treaty/Commun/ChercheSig.asp?NT=148&CM=8&DF=&CL=FRE
Kulturrådet [Conseil de la culture], (décembre 2010), Etnisk och kulturell mångfald [Diversité culturelle et ethnique], disponible à l’adresse http://www.kulturradet.se/sv/verksamhet/Kulturell-mangfald/

En Suède, une administration culturelle tardive

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
Le sens donné à l’expression de diversité culturelle dépend du contexte national. En Suède, le domaine de la culture est longtemps demeuré peu organisé. Le champ culturel est marqué d’une dichotomie entre une culture populaire, la plus souvent tolérée, et une culture officielle, celle du roi et de la cour. L’usage de la langue française à la cour en témoigne. Le Parti social-démocrate, qui domina la vie politique suédoise au XXe siècle, s’empare de la question tardivement et ne peut gommer ce clivage entre cultures populaire et élitiste. Il faut cependant noter que les premières mesures du gouvernement social-démocrate en faveur de la culture préconisent l’usage de la radio nationale, Sveriges Radio (SR), comme outil de promotion de l’opéra et de la musique symphonique. 

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, la culture, toujours dispersée en portefeuilles incertains, préoccupe davantage la classe politique. Le 22 mai 1959, le ministre des affaires ecclésiastiques s’exprime ainsi : « La culture ne peut être laissée aux forces du marché mais doit être défendue par des mesures gouvernementales »*. Une période de réflexions est alors amorcée ; elle aboutira à l’élaboration de la feuille de route « Nouvelle politique culturelle ». En 1974 sont ainsi rassemblés les différents portefeuilles ministériels en un domaine culturel, département du ministère des affaires ecclésiastiques. Ce document est révisé en 1995, période peu propice tandis que le pays subit une grave crise économique. Le budget alloué à la culture augmente peu mais celui-ci est redistribué. En particulier, le gouvernement souhaite accompagner le fort investissement des foyers dans les médias de masse. Enfin, un ministère de la culture est inauguré. Aujourd'hui, les affaires culturelles correspondent à 0,8 % du budget du gouvernement avec 727,6 milliards d’euros. L’investissement en faveur de la culture est élevé pour l’Etat (45%) et les municipalités (41%), légèrement inférieur pour les régions. En 2009, 7% des dépenses de l’Etat étaient consacrées aux médias, soit 78,4 milliards d’euros. L’investissement culturel public est estimé à 39% contre 61% pour le privé.

Source :
Ambassade de France à Stockholm, (13 octobre 2010), « Budget 2011 présenté au parlement suédois », dans Revue de la presse suédoise du 13 octobre, disponible à l’adresse http://www.ambafrance-se.org/spip.php?article3970
Regeringskansliet [Gouvernement suédois], (15 octobre 2010), “Budget Bill for 2011 – Culture”, dans Culture, disponible à l’adresse http://www.sweden.gov.se/sb/d/13671
Kulturrådet [Conseil de la culture], (juillet 2008), Kulturens finansiering 2007 [Financement de la culture 2007], disponible à l’adresse http://www.kulturradet.se/Documents/publikationer/2008/kulturens%20finansiering/kulturens_finansiering_2007.pdf
Kulturrådet [Conseil de la culture], (juillet 2010), Kulturens finansiering 2008–2009 [Financement de la culture 2008-2009], disponible à l’adresse http://www.kulturradet.se/Documents/publikationer/2010/kulturens_finansiering_2008-2009.pdf

Bibliographie sélective :
* LARSSON Tor, SVENSON Per, (2001), “Cultural Policy in Sweden”, p 79-96, dans The Journal of Arts Management, Law, and Society, Vol 31 n° 1

La diversité culturelle : une politique internationale menée par un front francophone

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
Dès les années 1970 et l’accélération de la mondialisation, la particularité des biens et services culturels est affirmée ainsi que la nécessité de les sortir des seules lois du marché. Les travaux du Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication (Nomic) en sont une illustration et l’occasion de premières dissensions entre pays en développement et pays du Nord. La question est quelque peu délaissée jusqu’aux négociations présidant au traité de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1993. Ce document devait entériner un régime de libéralisme économique. Plusieurs nations, au devant desquelles figurent la France et le Québec, s’inquiètent pour leurs productions audiovisuelles et cinématographiques. Elles contestent la marchandisation de la culture et craignent une américanisation graduelle des biens et services culturels. Leur position est défensive ; elle mobilise la notion d’exception culturelle. Néanmoins, les accords d’avril 1994 ne prévoient pas de dispositifs relatifs aux biens et services culturels. Cette mise à l’écart prive de droit les échanges internationaux de produits culturels et par conséquent, de mécanismes de règlement des conflits. Par ailleurs, elle semble provisoire. Il est nécessaire de proposer une approche positive et de la consacrer par des textes juridiques. La France est relayée par l’Europe dont la position est ambivalente dans la mesure où elle tente d’affirmer un régime d’exemption à l’échelle internationale tandis que l’application d’un tel projet est laborieuse en son sein, à l’échelle communautaire. Le Conseil de l’Europe adopte en 2000 une Déclaration sur la diversité culturelle. L’année suivante, l’Unesco inscrit la diversité culturelle patrimoine commun de l’humanité. Un cycle de négociations s’ouvre afin de transformer ces déclarations en un traité, un texte juridique contraignant. La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est adoptée en 2005. 
Francophonie Grunge Flag by © somadjinn
Tandis que les Français et les Québécois défendaient leurs productions audiovisuelles et leurs œuvres cinématographiques respectives, les négociations de l’Unesco ont élargi la diversité culturelle aux biens et services culturels ainsi qu’au patrimoine, au folklore, aux habitudes alimentaires, aux musiques traditionnelles, etc.. L’organisation culturelle définit quatre orientations d’action pour la promotion de la diversité culturelle. Premièrement, elle facilite le dialogue des civilisations, à opposer au « choc des civilisations »* et promeut ainsi la paix. Ensuite, elle permet, à l’échelle nationale, de promouvoir la cohésion sociale, de profiter de la richesse du métissage. Alors que le développement n’est pas synonyme de croissance économique, la prise en compte des expressions culturelles favorise, troisième élément, le développement et notamment la durabilité des projets de réduction de la pauvreté. Enfin, la culture est aussi un marché. Cette dernière orientation qui intéresse particulièrement ce travail de recherche introduit le concept d’industries culturelles compris comme l’ « ensemble des activités intellectuelles et artistiques considérées sous l’angle de leur importance économique, de leur marché ». Le traité tolère et soutient les politiques culturelles engagées par les Etats afin de préserver la pluralité culturelle de l’espace mondial. Il n’en détaille pas les modalités. A ce jour, cent-seize Etats ont ratifié la Convention. La Suède a adopté le texte le 18 décembre 2006. L’absence des Etats-Unis, pourtant largement visés par ce document juridique, restreint la portée de ce texte. Depuis 2005, peu d’avancées sont répertoriées. 

Sources :
UNESCO, (20 juin 2007), Diversité culturelle, disponible à l’adresse http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=34321&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
UNESCO, (mars 2011), Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Paris, 20 octobre 2005., disponible à l’adresse http://portal.unesco.org/la/convention.asp?KO=31038&language=F

Bibliographie sélective :
DERIEUX Emmanuel, GRANCHET Agnès, (2010), Droit des médias - Droit français, européen et international, LGDJ : Paris, 1146 p
HERAULT Bruno (dir.), (2007), « Mondialisation et diversité culturelle », p 1-4, dans Les dossiers de la mondialisation, n° 6
* HUNTINGTON Samuel P., (1996), The Clash of Civilisations and the Remaking of World Order, Touchstone : New-York, 368 p

Médias et diversité culturelle

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
 Times Square HDR Panorama by © vvmasterdrfan
 Times Square HDR Panorama by © vvmasterdrfan
Face à une inquiétude d’uniformisation et de marchandisation de la culture, des politiques, positives, en matière de diversité culturelle furent proposées afin de protéger et maintenir des différences culturelles, des identités singulières. Les médias définis « comme un ensemble de techniques de production et de transmission de messages à l’aide d’un canal, d’un support vers un terminal »* apparaissent centraux puisqu’ils sont des biens culturels et qu’ils favorisent, à leur tour, la diffusion d’autres biens et services culturels. 

De plus, les médias sont non seulement un des supports de l’espace public dans lequel la question de la diversité culturelle est discutée, mais encore l’objet du débat puisque la société souhaite que ceux-ci la représentent dans toute sa diversité. Ici, l’échelle nationale, la nation donc, conserve tout son sens. Le rapport des médias à la diversité culturelle est fonction de l’histoire de l’immigration, de l’insertion de ces populations à la nation mais aussi des spécificités du secteur des communications et de l’audiovisuel. Ainsi, le débat suédois différa de la question française. 

La peur d’une homogénéisation est accentuée à la faveur du format numérique. En effet, la technologie numérique autorise une production unique et une diffusion multiple. Par exemple, la télévision peut emprunter différents canaux tels la télévision numérique terrestre, le câble, le satellite, la fibre optique, la téléphonie mobile et Internet. Par conséquent, elle favorise une convergence des contenus et des supports. En outre, la multiplication des modes de distribution ne s’est pas accompagnée d’une croissance de la demande. Un même public se trouve alors fragmenté, réparti sur davantage de chaînes de télévision ou de stations de radio. L’abondance redéfinit les termes du débat sur la diversité culturelle. En réalité, la diversité culturelle ne se pose pas dans les mêmes termes pour chaque groupe d’individus mais suit les inégalités économiques de l’espace mondial si bien que la demande politique de chacun d’eux ne possède pas le même sens. 

Bibliographie sélective :
FRACHON Claire, SASSOON Virginie, (2008), Médias et diversité : de la visibilité aux contenus : état des lieux en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux États-Unis, Institut Panos : Paris, 157 p
HERAULT Bruno (dir.), (2007), « Mondialisation et diversité culturelle », p 1-4, dans Les dossiers de la mondialisation, n° 6
NISSEN Christian S. (dir.), (2006), Faire la différence : la radiodiffusion de service public dans le paysage audiovisuel européen, John Libbey Publishing : Eastleigh, 238 p
* RIEFFEL Rémy, (2005), Que sont les médias ? Pratiques, identités, influences, Gallimard : Paris, 539 p

Mondialisation et diversité culturelle

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
 Escola de Geografia
Depuis les années 1970, la mondialisation, entendue comme le processus d’intégration des économies et des territoires dans un espace planétaire, s’accélère. Cette ultime étape est le résultat d’innovations dont les technologies de l’information et de la communication (les fameuses TIC) sont les plus significatives, jointes à l’importance croissante des firmes transnationales. Ces dernières produisent et diffusent des biens culturels standardisés contribuant ainsi à la formation d’une culture mondialisée.

Le transport qui permet aux biens, aux personnes ou aux flux monétaires de circuler plus loin, plus rapidement et dans des volumes plus conséquents participe au développement et à la circulation d’une telle culture. Toutefois, l’espace mondial reste traversé d’inégalités économiques et de différences culturelles. Jusqu’aux années 1970, la mondialisation était associée à l’idée d’occidentalisation mais la puissance économique asiatique s’est depuis exprimée. Dans les domaines culturels, la console de jeu, les mangas ou encore Bollywood sont quelques exemples de réussite. La diffusion de ces produits culturels de masse rencontre des résistances, du rejet simple à des formes d’appropriation, auprès de cultures singulières ancrées dans une histoire et sur un territoire local ou national.

La culture, dans une acception large, peut être définie comme l’ensemble des usages, des coutumes, des formes d’expression artistiques et intellectuelles d’un groupe ethnique, religieux ou social. Elle peut également recouvrir les caractéristiques de la vie quotidienne partagées par ce groupe dans un espace défini ou dans le temps. La mondialisation engendre donc des tensions culturelles, des craintes d’uniformisation des cultures. En vérité, la mondialisation génère d’une part une homogénéisation par la diffusion de modes de vie, d’habitudes alimentaires, de styles vestimentaires, etc. grâce aux supports que sont les médias, d'autre part, une différenciation : l’affirmation d’identités culturelles, l’adaptation des contenus à un marché local, la personnalisation des offres culturelles qui intègrent et pérennisent l’existence de différences culturelles. 


Bibliographie sélective :
HERAULT Bruno (dir.), (2007), « Mondialisation et diversité culturelle », p 1-4, dans Les dossiers de la mondialisation, n° 6
TONKISS Fran, (2006), Contemporary Economic Sociology – Globalisation, Production, Inequality, Routledge : Londres, 216 p