Les articles

300 mots et une sélection de références autour d'un sujet géographique

Les brouillons

Idées griffonnées dans la marge des feuilles de cours

Les notes

Quelques mots des conférences, colloques, films, rencontres, etc.

Les photographies

Dans la besace du géographe, des photographies de quelques terrains parcourus

Les instantanés

Journaliste en vadrouille sur les routes de France et de Navarre

Affichage des articles dont le libellé est Suède. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Suède. Afficher tous les articles

Les médias en Suède : surinformation, fragmentation et diversité culturelle

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
© Patricia Pipaud
Les Suédois consacrent 5 heures et 52 minutes aux médias chaque jour, consultations moyennes de chacun des médias
Les Suédois consacrent en moyenne cinq heures et cinquante-deux minutes à la recherche de l’information conduisant ainsi à décrire la société suédoise dans une situation de surinformation. La télévision domine le paysage médiatique suédois ; elle est regardée pendant une heure et demie chaque jour. Les deux chaînes publiques SVT 1 et 2 conservent environ 30 % des parts d’audience. Elles sont complétées des chaînes nationales TV3 (8,1 %), TV4 (19,2 %) et kanal 5 (6,8 %). Les chaînes internationales, nombreuses dans les offres de télévision par satellite et par câble, réalisent de faibles audiences : respectivement 1,2 et 0,8 % pour Discovery et Music TeleVision (MTV), les plus significatives. Aux côtés de la télévision, les audiences radiophoniques se maintiennent avec une heure et demie d’écoute quotidienne. La structure du marché, évoquée ici, entraîne une faible participation de ce média sur le marché de la publicité (2 %). 

Surtout, l’utilisation d’Internet comme source d’information est en forte augmentation, progressant de 7 à 19 % en cinq ans. En 2010, 91 % des Suédois ont accès à Internet depuis leur foyer. Les médias traditionnels profitent au mieux de ce support : site officiel, services personnalisés, blogs, applications mobiles, podcasts, etc.. Entre autres, AftonBladet, quotidien populaire, enregistre 4,2 millions de visiteurs hebdomadaires sur son site web. Les réseaux sociaux bénéficient en second lieu de cette croissance des consultations d’information sur Internet. Finalement la presse quotidienne se maintient, avec 460 exemplaires vendus pour mille habitants. Premièrement, la presse suédoise possède une base locale forte : seuls deux quotidiens d’information, un quotidien économique et un gratuit ont une ambition nationale. Ensuite, les ventes de ces journaux sont presque assurées par les abonnements avec un système de distribution performant dans cet Etat déployé en latitude. 

Enfin les quotidiens gratuits, fondés en Suède en 1995 avec le titre Metro concurrencent les quotidiens, à la fois sur le marché des médias et sur le marché de la publicité. 

Mais ce panorama cache une fragmentation croissante des audiences selon l’âge. De fait, les jeunes Suédois préfèrent les radios commerciales, les journaux gratuits et les réseaux sociaux proposés sur Internet alors que les adultes de 45 à 64 ans privilégient les médias du service public, les quotidiens traditionnels et leurs sites web respectifs. Cette dispersion des audiences dans une économie d’abondance questionne à nouveau l’objectif de diversité culturelle. 


Sources :
Mediamätning i Skandinavien [mesure des médias en Scandinavie], (2011), Årsrapport 2010 [Rapport annuel 2010], disponible à l’adresse http://www.mms.se/_dokument/rapporter/ar/%C3%85rsrapport%202010.pdf
NORDICOM, (2005), Nordicom-Sveriges Mediebarometer 2004 [Baromètre Nordicom des médias en Suède en 2004], disponible à l’adresse http://www.nordicom.gu.se/common/publ_pdf/178_Den%20samlade%20medieanvandningen%202004.pdf
NORDICOM, (2010), Nordicom-Sveriges Mediebarometer 2009 [Baromètre Nordicom des médias en Suède en 2009], disponible à l’adresse http://www.nordicom.gu.se/mt/filer/mediedagen_2009_tid.pdf
Statistiska centralbyrån [institution nationale de la statistique], (janvier 2011), Privatpersoners användning av datorer och Internet 2010 [Usage des ordinateurs et d’Internet pour les personnes privées en 2010], disponible à l’adresse http://www.scb.se/statistik/_publikationer/LE0108_2010A01_BR_IT01BR1101.pdf
WEIBULL Lennart, JÖNSSON Anna Maria, WADBRING Ingela, (16 février 2011), “Media Landscape: Sweden”, dans European Journalism Center, disponible à l’adresse http://www.ejc.net/media_landscape/article/sweden/

La radio en Suède : un marché concentré

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
 fuzzy broadcast by © Floresent-Adolesent1
 fuzzy broadcast by © Floresent-Adolesent1
Tout comme la British Broadcasting Corporation (BBC), SR est née d’une initiative privée en 1924. Mais la licence d’exploitation est bien vite rectifiée par le gouvernement social-démocrate. 

La radio, publique donc, reste longtemps protégée. En 1979, le Parlement autorise l’émergence de radios de proximité. Elles répondent à des critères stricts de programmation et ne peuvent émettre dans un rayon de cinq kilomètres uniquement. Ce n’est qu’en 1993 que sont introduites les radios commerciales. Les concessions sont vendues aux enchères par le Parlement. Le coût élevé de celles-ci ajouté à un investissement de départ démesuré entraînent des faillites et des fusions sur le marché malgré les prévenances du Parlement : aucun concessionnaire ne peut détenir plusieurs concessions, les stations locales ne peuvent être contrôlées en majorité par un quotidien. 

Aujourd'hui, deux réseaux dominent le marché : Modern Times Group Radio (MTG Radio) avec quarante-six stations et Scandinavian Broadcasting Systems Radio (SBS Radio) avec quarante stations. Toutefois, SR conserve environ 60 % des parts d’audience. Les radios commerciales s’adressent préférentiellement à un jeune public urbain grâce à un programme musical conséquent. En d’autres termes, le marché de la radio, en Suède, est concentré avec un faible nombre de stations FM, cent vingt-quatre, contrôlées par trois groupes MTG (46), SBS (40) et SR (33). A travers SR, l’acteur public intervient pour le maintien d’une diversité à l’aide d’une gamme complète de produits culturels. SR international s’inscrit dans ce contexte.

Sources :
Ambassade de France à Stockholm, (janvier 2009), « Les médias en Suède », dans Paysage médiatique, disponible à l’adresse http://www.ambafrance-se.org/france_suede/spip.php?article1766
Observatoire Européen de l’Audiovisuel, (9 avril 2002), La situation financière des organismes publics de radio-télévision en Europe tend à se dégrader, disponible à l’adresse http://www.obs.coe.int/about/oea/pr/service_public.html
WEIBULL Lennart, JÖNSSON Anna Maria, WADBRING Ingela, (16 février 2011), “Media Landscape: Sweden”, dans European Journalism Center, disponible à l’adresse http://www.ejc.net/media_landscape/article/sweden/

La diversité culturelle en Suède : entre coopération internationale et cohésion sociale

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
Into the Unclear by © EllieZ
Into the Unclear by © EllieZ
En Suède, le terme de culture possède un sens large. L’usage du pluriel, dans les documents officiels et dans les médias, est fréquent. Par conséquent, la définition proposée comme l’ensemble des usages, des coutumes, des formes d’expression artistiques et intellectuelles d’un groupe ethnique, religieux ou social, semble s’adapter au contexte suédois. L’expression de diversité culturelle émerge en 2000 alors que le Conseil de l’Europe édicte la Déclaration sur la diversité culturelle. Son emploi s’est depuis stabilisé. Mais le vocabulaire de la culture est complété des termes intégration, assimilation et multiculturalisme. Le concept de l’assimilation est d’usage courant à la fin des années 1990, il apparaît ponctuellement au moment des élections au Parlement de 2002 puis s’efface progressivement. La formule du multiculturalisme est mobilisée plus régulièrement. Son utilisation croît fortement depuis 2008. Le terme d’intégration est mentionné le plus couramment. L’usage du mot a triplé au tournant des années 1999-2000. Plusieurs pics de fréquence sont observables en 2000, 2002, 2006 et 2010. Les trois dernières dates correspondent à des échéances électorales. En définitive, l’emploi d’un lexique associé à la culture s’est intensifié depuis 2000. Cette année marque la Déclaration sur la diversité culturelle mais aussi la ratification par la Suède de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. La Suède reconnaît à cette date cinq minorités nationales : les Finlandais, les Juifs, les Tornedaliens, les Roms et les Sámis. Surtout, le débat est ravivé au moment des élections au Parlement qui ont lieu tous les quatre ans. Il faut noter que l’expression des publications du gouvernement et du Parlement est « diversité culturelle et ethnique ». La protection et la promotion de la diversité culturelle suit deux orientations en Suède : la coopération internationale d’un côté et la cohésion sociale à l’échelle nationale, de l’autre. La coopération internationale s’attache à la compréhension et au respect mutuel des cultures. Pour les associations régionales (Union Européenne, Conseil des Etats de la mer Baltique, Conseil nordique des ministres), ce volet est affiné vers des questions économiques : accueil d’évènements internationaux, promotion des industries créatives, harmonisation du secteur audiovisuel. En ce qui a trait à la cohésion nationale, les politiques insistent sur la reconnaissance des minorités nationales et issues de l’immigration et encouragent l’expression de cette richesse culturelle. 


Sources :
Conseil de l’Europe, (janvier 2011), Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, disponible à l’adresse http://conventions.coe.int/Treaty/Commun/ChercheSig.asp?NT=148&CM=8&DF=&CL=FRE
Kulturrådet [Conseil de la culture], (décembre 2010), Etnisk och kulturell mångfald [Diversité culturelle et ethnique], disponible à l’adresse http://www.kulturradet.se/sv/verksamhet/Kulturell-mangfald/

En Suède, une administration culturelle tardive

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
Le sens donné à l’expression de diversité culturelle dépend du contexte national. En Suède, le domaine de la culture est longtemps demeuré peu organisé. Le champ culturel est marqué d’une dichotomie entre une culture populaire, la plus souvent tolérée, et une culture officielle, celle du roi et de la cour. L’usage de la langue française à la cour en témoigne. Le Parti social-démocrate, qui domina la vie politique suédoise au XXe siècle, s’empare de la question tardivement et ne peut gommer ce clivage entre cultures populaire et élitiste. Il faut cependant noter que les premières mesures du gouvernement social-démocrate en faveur de la culture préconisent l’usage de la radio nationale, Sveriges Radio (SR), comme outil de promotion de l’opéra et de la musique symphonique. 

Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, la culture, toujours dispersée en portefeuilles incertains, préoccupe davantage la classe politique. Le 22 mai 1959, le ministre des affaires ecclésiastiques s’exprime ainsi : « La culture ne peut être laissée aux forces du marché mais doit être défendue par des mesures gouvernementales »*. Une période de réflexions est alors amorcée ; elle aboutira à l’élaboration de la feuille de route « Nouvelle politique culturelle ». En 1974 sont ainsi rassemblés les différents portefeuilles ministériels en un domaine culturel, département du ministère des affaires ecclésiastiques. Ce document est révisé en 1995, période peu propice tandis que le pays subit une grave crise économique. Le budget alloué à la culture augmente peu mais celui-ci est redistribué. En particulier, le gouvernement souhaite accompagner le fort investissement des foyers dans les médias de masse. Enfin, un ministère de la culture est inauguré. Aujourd'hui, les affaires culturelles correspondent à 0,8 % du budget du gouvernement avec 727,6 milliards d’euros. L’investissement en faveur de la culture est élevé pour l’Etat (45%) et les municipalités (41%), légèrement inférieur pour les régions. En 2009, 7% des dépenses de l’Etat étaient consacrées aux médias, soit 78,4 milliards d’euros. L’investissement culturel public est estimé à 39% contre 61% pour le privé.

Source :
Ambassade de France à Stockholm, (13 octobre 2010), « Budget 2011 présenté au parlement suédois », dans Revue de la presse suédoise du 13 octobre, disponible à l’adresse http://www.ambafrance-se.org/spip.php?article3970
Regeringskansliet [Gouvernement suédois], (15 octobre 2010), “Budget Bill for 2011 – Culture”, dans Culture, disponible à l’adresse http://www.sweden.gov.se/sb/d/13671
Kulturrådet [Conseil de la culture], (juillet 2008), Kulturens finansiering 2007 [Financement de la culture 2007], disponible à l’adresse http://www.kulturradet.se/Documents/publikationer/2008/kulturens%20finansiering/kulturens_finansiering_2007.pdf
Kulturrådet [Conseil de la culture], (juillet 2010), Kulturens finansiering 2008–2009 [Financement de la culture 2008-2009], disponible à l’adresse http://www.kulturradet.se/Documents/publikationer/2010/kulturens_finansiering_2008-2009.pdf

Bibliographie sélective :
* LARSSON Tor, SVENSON Per, (2001), “Cultural Policy in Sweden”, p 79-96, dans The Journal of Arts Management, Law, and Society, Vol 31 n° 1

Liberté d'expression au royaume de Suède

Le premier texte constitutionnel affirmant la liberté d'expression est suédois et date de 1766. Ce texte qui fait encore la fierté des Suédois et des Finnois est-il une curiosité d’un royaume dont la puissance s’amenuise depuis le règne de Charles X ? Existe-t-il une conception nordique de la liberté d’expression ? Ou bien le Freedom of Press Act est le fruit d’une circulation des droits parmi les royaumes européens au XVIIIe siècle ?
 Newspaper Dress by © Fateeva
Newspaper Dress by © Fateeva

     De 1719 à 1772, le royaume de Suède s’essaie au parlementarisme sous les règnes de Frédéric Ier et Adolphe-Frédéric : l’« l’Ere de la liberté ». La vie politique est marquée par l’ascension des Bonnets, libéraux et pacifistes, au détriment des Chapeaux, pro-français et guerroyant avec la Russie. L’influence de la Glorieuse Révolution anglaise est indirecte. En d’autres termes, l’élite politique auprès de Stockholm et éduquée à l’université d’Uppsala est séduite par la Cour du royaume de France et c’est à travers ce prisme que l’Enlightenment anglais est dépeint. En revanche, les périphéries du royaume profitent des influences néerlandaises (et de la liberté de publication) ainsi que du centre universitaire de Göttingen (grâce aux Hanover). Les intellectuels de l’université de Turku, éloignés du centre du pouvoir, s’approprieront ainsi les idées anglaises. 

     Anders Chydenius, rédacteur du texte de loi, est un membre du clergé, peu éduqué mais grand lecteur des écrits de l’université de Turku. Son souci premier est la liberté de commerce dans le Golfe de Botnie pour ses riverains et l’abolition du privilège de la capitale. Mais les difficultés des débats l’amènent à penser que la publicité des affaires de l’Etat et la liberté d’information sont primordiaux avant toute prétention à la liberté. La victoire des Bonnets l’entraîne à Stockholm où il affine ses idées au contact d’Arckenholtz et Nordencrantz. Pour ces hommes, l’Angleterre a aboli la censure en 1694 mais aucune construction juridique positive ne garantit son retour sous quelques formes possibles. Il est ainsi essentiel d’affirmer la liberté de la presse et d’ajuster, en second ressort, des limites à celle-ci. En outre, le texte n’assure pas la seule liberté de la presse et des écrits mais défend aussi le libre accès aux documents publics. Cette particularité, dite nordique, explique par ailleurs la préférence de WikiLeaks pour ces ordres juridiques. Elle s’inscrit dans le contexte suédois du XVIIIe siècle alors que plusieurs puissances étrangères manipulent les membres des partis à grand renfort de corruption. 

     Le texte présente aussi quelques limites. Les trois premiers considérants du texte restreignent la liberté de la presse sur les dogmes religieux, la Constitution, la famille royale, le gouvernement. Avant même l’abolition de la Constitution par le jeune Gustave III, le texte montrait aussi ses faiblesses c'est-à-dire son seul attachement aux écrits et non à l’expression dans son ensemble.

Bibliographie sélective :
MANNINEN Juha, (2006), "Anders Chydenius and the Origins of World's First Freedom of Information Act", p 18-53, in The World's First Freedom of Information Act - Anders Chydenius' Legacy Today, Anders Chydenius Foundation
WEIBULL Jorgen, (1993), Swedish History in Outline, Institut Suédois, Stockholm
ZOLLER Elisabeth (dir.), 2008, La liberté d'expression aux Etats-Unis et en Europe, Dalloz : Paris

Un film : Sound of Noise

film suédois d’Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson, sorti le 29 décembre 2010 par chez nous 

Keep The Beat by ~cattishfish
La ville et son brouhaha, ce murmure continuel de la circulation, les talons de ces dames, le camion de poubelle et la collecte du verre, le klaxon des heures de pointe, ton voisin et son zim-boum-boum ce matin dans le tramway. Aspirer au calme de la campagne… le bruit caractérise-t-il nos villes ? 

Et si ces bruits pouvaient produire des sons, les sons qui composent une œuvre musicale. Pour cette joyeuse bande de six percussionnistes, la ville est un vaste terrain de jeu d’une œuvre en quatre temps. Quand à l’inspecteur à leur trousse et son ouïe hypersensible, il déteste la musique. 

Sound of Noise est un film plein d’humour avec une petite touche de poésie. Un film suédois mais pas du maître Bergman, tu peux donc espérer comprendre quelques morceaux (non, je n'ai pas pu tenter Adieu Falkenberg). Le film fut tourné à Malmö, ville phare du projet transfrontière Öresund, entre la Suède et le Danemark. C’est un film pour toi qui aime écouter la pluie qui bat dehors et pour ceux qui connaissent le son des passages piétons en Suède.

NB : Avant ou après, il y a aussi le court métrage Music for One Apartment and Six Drummers, plutôt après tout compte fait.

WikiLeaks : de la liberté d'expression à la responsabilité des médias

Révisons le droit des médias. WikiLeaks questionne la liberté d’expression, la protection des sources du journaliste, la responsabilité des médias et le recel de violation de secret : que de beaux sujets du droit européen, international et comparé.
 books
books
     Un fondateur, citoyen australien, des serveurs un peu partout, d’Amazon.com à la France, la Suisse, et surtout la Suède, une organisation à but lucratif avec une société islandaise… ou le casse-tête juridique pour arrêter ce flux d’information.

     Je vous conseille ainsi la lecture de l’A propos du site dans lequel l’article 19 de la DUDH (1948) est cité : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen que ce soit […] ». La DUDH, précédé de la Charte des Nations unies (1945), n’est qu’une déclaration et il faut donc s’intéresser au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966) et son article 19 §2 : « Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix ». Dès le §3, des restrictions à ce droit sont introduites : « […] comporte des devoirs spéciaux et des responsabilités spéciales. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires : 
a) au respect des droits ou de la réputation d’autrui ; 
b) à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques. ». L’article 20 du même texte énumère d’autres restrictions. 

     Seconde échelle d’analyse, le Conseil de l’Europe, Wikileaks semble particulièrement apprécier son droit et surtout la jurisprudence de la CEDH. La Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (1950) inscrit la liberté d’expression dans son article 10 : « Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière » et les restrictions qui l’accompagne §2 « L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. […] ». La protection des sources du journaliste consacrée par la CEDH est tirée de ce même article 10. 

     Par la suite, Wikileaks peut se réfugier derrière des droits nationaux. On se souvient de la réforme en cours relative à la protection des sources journalistiques en Islande, largement influencée par l’organisation. Et la Suède qui abrite des serveurs conséquents et le lien au Parti Pirate. 

     Le but du jeu est donc d’arrêter le flux d’information Wikileaks sous le chapitre, la responsabilité des médias. 

Quels textes juridiques peuvent-être mobilisés ? 

     Bien que Wikileaks dévoile de nombreux documents, l’organisation affectionne particulièrement les productions américaines, droit Etats-unien ? Seulement le préjudice subi est un peu partout. S’il est cantonné aux ambassades américaines, on pourrait à la rigueur faire valoir un droit extraterritorial. Mais les seules victimes des derniers mémos se retrouvent aussi parmi les informateurs, volontaires ou non, de ce personnel diplomatique Etats-unien. Ce qui implique du droit national de chacun de ces pays. Ou alors, on pourrait utiliser la loi du pays émetteur. Qui est le pays de présence physique des serveurs ou l’Islande, siège de la société Sunshine Press Productions ? On pourrait aussi imaginé mobiliser la loi du pays de résidence de la personne mise en cause, l’Australie de Julian Assange ? 

Dans quelles juridictions avancer sa requête ? 

     Admettons que vous ayez choisi vos textes de référence, la juridiction n’en découle pas. Habituellement, il est préférable d’introduire sa requête dans la juridiction du défendeur parce que la peine d’amende (pénal) ou la condamnation à dommages et intérêts (civil) sera plus facilement exécutable. Le juge peut mobiliser une ou des lois étrangères. On pourrait aussi introduire une requête sur le lieu de la faute ou celui (ou ceux) du dommage. 

     Ainsi, il est sacrément plus simple d’attaquer le fondateur Julian Assange pour agressions sexuelles : les termes sont moins équivoques et les droits nationaux plus harmonisés (à l’exception des statuts personnels du droit musulman mais je doute que Julian Assange y trouve refuge).

Glossaire :
CEDH = Cour Européenne des Droits de l'Homme qui siège à Strasbourg dans le cadre du Conseil de l'Europe, à ne pas confondre avec la Cour de Justice de l'Union Européenne
DUDH = Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
NU = Nations Unies

Bibliographie sélective :
DERIEUX Emmanuel, (2006), Droit de la communication - Droit européen et international (recueil de textes), Victoires Editions : Paris
DERIEUX Emmanuel, GRANCHET Agnès, (2010), Droit des médias - Droit français, européen et international, LGDJ : Paris

A propos du droit suédois, du Parti Pirate et de Pirate Bay, suivre la chronique de SverigesRadio (de langue suédoise).

Le temps d'un mariage

Victoria Bernadotte le 19 juin 2010, jour de son mariage 
     Petit détour en Suède, au cœur de Stockholm et en calèche… Hier, le samedi 19 juin 2010, la princesse héritière Victoria Bernadotte épousait Daniel Westling. Suite à la cérémonie, les jeunes mariés ont emprunté une calèche puis un navire et ont sillonné la capitale.

     La carte du parcours, au trait un peu grossier serpentant dans les rues de Stockholm et d’île en île, m’a rappelé une série de cartes simplistes.

Premier projet de SIG

     Fraichement arrivés à Stockholm, trois étudiants Erasmus décident de réaliser un Système d’Information Géographique* (SIG) pour faciliter l’élaboration du parfait itinéraire touristique. Notre idée était de proposer à notre entourage de passage dans la capitale nordique, un programme de deux jours, adapté à leurs goûts, leur budget. Chaque demi-journée était consacrée à une visite.

     Afin de réaliser ce SIG, il est nécessaire de créer une base de données comprenant les lieux de restauration, les musées et attractions de la ville, les salles de spectacle, etc.. Ces différentes entrées sont triées selon leur coût et le public visé. Enfin, on établit des profils aux traits grossis. L’ordinateur nous détermine alors un circuit selon ces critères.

© Patricia Pipaud

Premier projet… grandes difficultés

     - varier les modes de transport (transports en commun + marche à pied)
Cet handicap élimine les distractions en dehors de l’hyper-centre de Stockholm.
     - calculer des circuits et non une trajectoire
Au fil de la journée, le touriste s’éloigne de Sergels Torg alors qu’il devrait rejoindre ce point central en fin de parcours.

     Ce projet peut être amélioré en élaborant une base de données plus complète : horaire des musées, difficultés d’accès pour une poussette, temps de visite, etc. et en affinant les profils.

Logiciels :
Adobe Illustrator
Idrisi Kilimandjaro
Map Info

Enseignement :
JANSSON Ulf, (2008), GIS 1, Université de Stockholm : Stockholm

Bibliographie sélective :
BREWER Cynthia, (2005), Designing better maps: a guide for GIS users, ESRI Press: New York
HEYWOOD Ian, CORNELIUS Sarah, CARVER Steve, (2006), An introduction to geographical information systems, Pearson Education: New York

Petit Suisse : Mariage princier et géographie ?
Qui retransmet le mariage princier ? pour quelles raisons ? Il est peu surprenant que les différentes monarchies parlementaires du continent aient diffusé ce mariage. Le choix allemand est également compréhensible (la reine Silvia est Allemande). Mais pour l'Amérique latine ? Et pourquoi pas une corrélation entre les pays qui ont acheté les droits de diffusion et ceux qui ne sont pas sélectionnés à la coupe du monde de football ? Un autre mémoire peut-être...

NB : Idée originale du projet SIG de Vincent Poumaroux travaillée par la suite en équipe

Etudier la géographie en Suède

 KRICHEWSKY Léna, MILHAUD Olivier, PETTINAROLI Laura, SCOT Marie (dir.), (2007), Guide de l’étudiant européen en sciences sociales, Belin : Paris
Ce petit livre bleu synthétise quelques expériences Erasmus afin de guider les nouveaux étudiants dans cette aventure. Dans le cadre de l’épistémologie, cet ouvrage nous offre un panorama de la géographie en Europe. Chaque pays présente une communauté, ses grands noms, une discipline plus ou moins académique, des spécificités. Après un échange de 10 mois à l’université de Stockholm, je tente l’exercice pour la géographie en Suède.
3 Etudier la géographie en Suède

     En Suède, on suit une Licence de géographie humaine ou bien une des Licences de géographie physique. Chaque enseignement vaut 7,5 ECTS soit 5 semaines, ce qui facilite les comptes Erasmus ! En Master, un enseignement est égal à 15 ECTS soit 10 semaines. On enchaîne un cours après un autre sans chevauchement. Le calendrier universitaire est de 40 semaines soit 10 semaines de plus qu’en France. C’est un long travail d’endurance ! 

     En règle générale, un enseignement comporte des lectures, des seminars et éventuellement des laboratories (pour la méthodologie). Attention, les premiers temps peuvent être déconcertants, l’enseignant est un animateur plus qu’un professeur : il répartit le temps de parole, recentre les débats durant les seminars ; présente la littérature durant les lectures, répond à d’éventuelles questions. Mais l’enseignant ne donne pas son avis, ne prend pas position dans un débat. Le retour en France peut s’avérer difficile aussi !

    Excepté durant les enseignements de méthodologie, chaque semaine comprend, en moyenne, quatre heures de présence réelle à l’université. L’essentiel du temps est composé de lectures obligatoires qui font l’objet d’examens, les home assignments. La participation au séminaire est également jugée ce qui exige une préparation. Souvent, un « dossier » valide une matière. Plus spécifiquement à la géographie, les sorties terrains sont nombreuses mais ce sont les étudiants qui les préparent. Les professeurs ajoutent des éléments ponctuels.

     Les devoirs sur table sont rares car ils mobilisent du personnel (un surveillant pour 10 étudiants), des locaux. Le home assignment est un devoir de 24, 48 ou 72 heures. L’énoncé du devoir est déposé sur la plateforme pédagogique à 9h et les réponses doivent être postées dans les heures qui suivent.

     En général, le travail écrit est essentiel dans le cursus du géographe. L’obtention de la Licence est sanctionnée par un travail de recherche de 30-50 pages, le Master par un mémoire, etc. On exige des étudiants une rigueur et une précision bien plus élevée qu’en France. Le système de référence est très développé, il est impératif de justifier ses écrits, de se placer par rapport aux auteurs internationaux, aux courants de pensée.

     L’ensemble de ces éléments est inscrit sur le livret du cours distribué lors de la première séance : objectifs, langue d’enseignement, calendrier, devoirs, bibliographie. Beaucoup d’enseignements se font en langue anglaise mais pas l’intégralité. Souvent, les Masters sont en anglais. Pour un échange Erasmus, les deux calendriers correspondent bien puisque les Suédois commencent plus tôt, mi-août, et finissent fin mai (pas d’interruptions de cours au second semestre). Toutes les universités suédoises ne proposent pas la géographie, en particulier la plus ancienne Uppsala. Göteborg possède un département pointu en géographie économique. La géographie du tourisme est une spécialité de Umeå, avec une participation des géographes allemands.

Bibliographie sélective :
KRICHEWSKY Léna, MILHAUD Olivier, PETTINAROLI Laura, SCOT Marie (dir.), (2007), Guide de l’étudiant européen en sciences sociales, Belin : Paris

Contours de la géographie en Suède

 KRICHEWSKY Léna, MILHAUD Olivier, PETTINAROLI Laura, SCOT Marie (dir.), (2007), Guide de l’étudiant européen en sciences sociales, Belin : Paris
Ce petit livre bleu synthétise quelques expériences Erasmus afin de guider les nouveaux étudiants dans cette aventure. Dans le cadre de l’épistémologie, cet ouvrage nous offre un panorama de la géographie en Europe. Chaque pays présente une communauté, ses grands noms, une discipline plus ou moins académique, des spécificités. Après un échange de 10 mois à l’université de Stockholm, je tente l’exercice pour la géographie en Suède.
2 Contours de la géographie en Suède

     En Suède, comme dans l’ensemble des pays nordiques, la géographie appartient aux sciences de la terre. Les géographes suédois ont su profiter de l’émergence des sciences de l’environnement afin de consolider leur rôle dans la société. Au sein du Geovetenskapens hus, un département de géographie humaine Kulturgeografiska est délimité. Le terme de géographie est souvent restreint à l’usage de ce département. Malgré son institutionnalisation, la géographie n’est qu’une option du cursus secondaire. Par conséquent la géographie humaine, méconnue des étudiants, forme de petits effectifs mais un meilleur encadrement.

     Tout comme les géographes français, les Suédois s’attachent à conserver un large champ disciplinaire. La spécificité suédoise est la Time Geography initiée par Hägerstrand. Pour quelques applications françaises, on pourra consulter les travaux de Sonia Chardonnel à Grenoble. Cependant, cette démarche plutôt quantitative demeure ponctuellement utilisée au sein des recherches universitaires. La géographie du genre, d’origine anglo-saxonne, est incontournable dans les recherches suédoises. Ces deux approches géographiques s’illustrent au sein des projets d’aménagement du territoire, toujours lié à la géographie.

    A l’université de Stockholm, l’historical geography, également en provenance du monde anglo-saxon, bénéficie d’une équipe de recherche propre. Elle s’attache à une géographie de l’histoire, à l’épistémologie au travers d’outils mobilisés par les historiens (la carte, le cadastre, le carnet de voyage), au paysage comme une superposition de périodes historiques. 

     L’absence de la géopolitique interroge encore les Français. Certes Kjellen était suédois mais c’est au contact de la géographie allemande qu’il établit le terme de geopolitik. Les geopolitics anglo-saxonnes, qui ne sont pas proprement géographiques, n’ont pu intégrer le cursus suédois. La géographie suédoise est-t-elle hermétique à l’étude du politique ? Pas tout à fait, la political ecology, toujours en provenance du monde anglo-saxon, est mobilisée dans des études rurales des Suds.


     L’outil du géographe suédois est le SIG qui suppose une maîtrise des outils de cartographie ainsi que des statistiques. On insiste aussi sur la « mise en page » du SIG afin de communiquer vers un public non-connaisseur. Les étudiants de licence reçoivent en moyenne 60 ECTS d’enseignements méthodologiques ce qui leur assure des débouchés sur le marché du travail. La France étant une exception, il n’existe pas de cursus « professionnalisant » en Suède. 

    La géographie communique avec d’autres sciences : les sciences de la vie, la chimie, la physique, l’informatique. A Stockholm, il existe des passerelles entre les bâtiments. La géographie humaine communique plus facilement avec la démographie, parfois avec l’économie. 

     Les géographes suédois s’imprègnent des courants qui traversent la communauté anglo-saxonne. La revue Human Geography est publiée en langue anglaise. Les équipes universitaires scandinaves et nordiques sont aujourd'hui supplantées par de plus larges programmes européens. Ainsi Brita Hermelin et Lukas Smas participent National, European and Global Networks.


Bibliographie sélective :
KRICHEWSKY Léna, MILHAUD Olivier, PETTINAROLI Laura, SCOT Marie (dir.), (2007), Guide de l’étudiant européen en sciences sociales, Belin : Paris


NB : Pas de - 1 Brève histoire de la géographie en Suède -, je n'ai pas les connaissances pour l'écrire.

La Time Geography

© B a r ش a { أحبج يا كويت }
     La Time Geography est la spécialité suédoise en matière de géographie. C’est sur cette association du temps et de l’espace que l’étudiant Erasmus ressent quelques difficultés de compréhension. Pourtant, il ne faudrait isoler cette démarche au risque de lui offrir une place démesurée dans la production académique suédoise. En effet, la Time Geography est une méthode quantitative or, tout comme en France, un retour au qualitatif succède au approches quantitatives des années 1960.

     La Time Geography s’organise autour du professeur Torsen Hägerstrand. Celui-ci profite des débuts des techniques informatiques afin d’intégrer l’échelle du temps aux déplacements dans l’espace. Hägerstrand travaillera les grandes échelles. Il s’agit, par exemple, de représenter les déplacements dans l’espace de quatre membres d’une famille au cours d’une journée « ordinaire ». Il faut noter que la géographie est traditionnellement associée aux sciences de la terre en Suède. A l’opposé, les géographes français entretiennent un lien singulier avec l’histoire. Par conséquent, intégrer l’échelle du temps à l’espace s’exprime différemment dans nos deux pays.

     Aujourd’hui, la Time Geography est intégrée comme simple outil de recherche au sein d’articles suédois. Elle peut être associée au SIG.

     Thulin et Vilhelmson ont mobilisé cet outil afin d’étudier la redistribution des mobilités auprès des jeunes populations suédoises avec la diffusion du téléphone portable et d’Internet. Leur introduction dans nos sociétés a annoncé « la mort de la géographie ». Pourtant…

     Avec Internet, le temps passé à la maison augmente au détriment d’activités telles que le sport, le cinéma, les sorties aux café, etc.. Le déplacement dans l’espace physique est restreint. Dans une certaine mesure, Internet renforce des relations. Les listes d’« amis » sont composées de personnes que l’on côtoie ou que l’on a connues. Alors, il serait difficile de parler d’isolement social. Internet contribue aussi au maintien de relations, parfois ténues, tandis qu’une plus grande mobilité nous ait demandée.

      Le téléphone mobile diffère. Tout d’abord, il évite l’attente du coup de fil à la maison donc il prom eut la mobilité. A l’opposé de quelque utilisateur d’Internet, socialement isolé, le téléphone portable traduit une intense vie sociale. Cependant, l’échelle du temps est accélérée et l’utilisatrice se trouve en permanence connectée, en permanence disponible.

     Enfin depuis quelques temps, vous pouvez être mobile dans l’espace physique ainsi que dans un espace virtuel. Les transports en commun sont les lieux les plus représentatifs lorsque vous regardez la télévision, discutez avec des amis ou écoutez de la musique tout en vous déplaçant d’un point A à un point B.

      Pour un exemple français, on pourra consulter l'article de Sonia Chardonnel qui compare la mobilité au sein des parcs naturels dans la Revue de Géographie alpine.


Bibliographie sélective :
LENNTORP Bo, (2008), Time Geography - a brief presentation
THULIN Eva, VILHELMSON Bertil, (2008), The Internet, Mobile Phones and the Geographies of Everiday Life, Department of Human and Economic Geography : University of Gothenburg