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300 mots et une sélection de références autour d'un sujet géographique

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Dans la besace du géographe, des photographies de quelques terrains parcourus

Les instantanés

Journaliste en vadrouille sur les routes de France et de Navarre

No 84 - Du menu au conducteur


Ouagadougou, le 17 août 2010, 10h 

Que fait-on du menu griffonné sur le papier lors de la réunion journalière ? 

- On détermine l’évènement à la une. Pour cela, il faut trier les informations selon leur importance. Cet exercice est difficile puisqu’il ne repose pas sur des règles d’objectivité. Par exemple, la radio nationale choisira toujours de débuter son journal par un évènement qui met en scène Blaise Compaoré quelque soit la gravité ou l’impact des autres faits de l’actualité. 

- Dans le reste des nouvelles, on recherche des éléments similaires afin d’isoler une rubrique : économie, agriculture, santé, etc.. 

- Le journal sera donc constitué de deux ou trois rubriques, séparées par des flashs, soit un jingle musical. 

- On ajoute une page internationale (que je fais lorsque Prosper est là, aujourd'hui c’est Harouna), le sport (réalisé par un autre service de la radio) et enfin une chronique (société, santé…). 

- Si le journaliste veut parler entre les reportages, il introduit une ligne micro précisément avant ou après le reportage qu’il souhaite introduire ou commenter. 

De manière concrète 

Le menu de ce matin : 
- le cinquantenaire au Gabon 
- le suivi de la campagne agricole 
- le cinquantenaire au Congo 
- la fermeture du site de Bourzanga 
- les consultations bilatérales sur la coopération japonaise 

Le conducteur d’Harouna Sana : 



Avec Prosper, nous aurions préféré ouvrir avec le cinquantenaire au Gabon puisque le président du Faso s’y est rendu, puis enchaîné sur le cinquantenaire au Congo et clore cette rubrique plutôt relations extérieures par les consultations japonaises. Dans une seconde rubrique, nous aurions l’économie des matières premières avec la campagne agricole et l’orpaillage.

No 83 - Particularités du français


Tengrela, le 16 août 2010, 15h 

Quelques expressions, détournements du français repérés : 

Bonne arrivée 
On va demander la route. 
Je te dis. 

chose pour truc 
converser pour discuter 
gâter pour abimer, casser un objet 
présentement pour maintenant 
propre pour bien, correct 
soutien pour soutien-gorge 
sucreries pour Fanta, Sprite et Coca-Cola viveur pour bon vivant

No 82 - Des Stakeholders en action


Tengrela, le 16 août 2010, 12h30 

A quelques minutes de mon départ, nos stakeholders préférés se sont meut. Et c’est toujours plus drôle. D’accord, c’est un plaisir un peu bizarre, un peu similaire à certains personnels de la santé qui voient les microbes se balader, idem

Nous étions à la cérémonie du troisième jour (après le décès de la maman) et tous ces hommes avaient revêtu leurs plus beaux apparats. La tension était palpable. Il fallait gérer cette cérémonie pour le chef, la foule nombreuse. Mais cela devait-être rondement mené, le chef quittait le village dès la cérémonie terminée alors que les festivités, la bouffe, ne faisaient que commencer. 

Et voilà t’y pas que la touriste, la Blanche, la filleule du chef, quitte la cérémonie sitôt terminée pour un tour de motobylette auprès des autres villages du canton qui bordent le lac. 

Tour de motobylette avec un cousin, même pas un Tou, représentant d’un de ces villages périphériques… 

Le riche téléphone, le petit chef caquette, l’autre tient tête « J’avais la permission de Fulgence, c’est lui le chef ». 

D’autres jeux de pouvoir, 

Dans la sphère religieuse, toujours à cette cérémonie, l’imam local présidait quand soudain, un cousin germain du chef (fils de l’oncle maternel), imam au Mali a débarqué, en retard qui plus est… 

Ou encore, quelques marmonnements sur le cousin ministre qui apparait au village, armé de bons d’essence, à l’approche des élections.


No 81 - Genre, race


Tengrela, le 16 août 2010, 9h30 

Je suis au second rang, à l’arrière de mon parrain, entourée d’hommes musulmans, seule blanche s’il est besoin de préciser. Et ce, pour la troisième cérémonie consécutive. 

Au sein des relations de genre, la race joue aussi son rôle. C'est écrit dans les livres. Et dans cette situation, il faut bien reconnaître que la femme blanche (assise dans un fauteuil à proximité du chef) ne jouit pas du même statut que la femme noire (accroupie sur un muret à l’intérieur de la concession). Alors pourquoi suis-je placée ici ? Parce que je suis de la famille africaine, parce que mon parrain souhaite garder un œil sur moi, parce que mes tontons me veulent à leurs côtés, parce que je suis une touriste (et qu’il faut qu’elle voie), parce que ça leur fait simplement plaisir de me montrer, parce que… 

Comme lors d’escapades en motobylette, mieux vaut éviter d’y penser sinon tu risques de perdre le fil de la cérémonie. Et donc de ne pas satisfaire ce désir de regarder.

No 80 - Vue


Tengrela, le 16 août 2010, 8h45 

Une petite albinos au village 

NB du 19 août 2010 : 

Pour construire ma page internationale du jour, je me suis intéressée à une affaire sanglante en Tanzanie. 

# En Tanzanie/ un Kenyan a été condamné hier à 17 ans de prison et une amende de 50 000 $ pour avoir tenté de vendre un albinos// L’albinos a été escorté jusqu’à son domicile au Kenya par les autorités tanzaniennes// 

Je discutais de cette affaire avec Roucky, une tantie. Elle me disait qu’il était courant en Afrique de l’Est mais aussi au Nigéria d’utiliser des membres d’albinos pour des rituels, de la sorcellerie. Ils apportent richesse et santé. 

Au-delà même de tels actes de sorcellerie, les matrones étouffaient ces enfants a-normaux il y a encore peu de temps. Aujourd'hui, les femmes se déplacent au centre de santé primaire et sociale (CSPS) ou au dispensaire. Par conséquent les albinos sont plus visibles dans les villages.