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Radio kom.post

La rentrée radiophonique rend parfois morose. C’est comme ça. Les émissions ont un goût de déjà entendues. Votre émission fétiche reçoit Untel déjà entendu au sujet de la géopolitique du football, du conflit syrien et d’une cartographie des élections législatives en France depuis la Seconde Guerre Mondiale. A croire que les carnets d’adresses virtuels prennent la forme d’un réseau bien hiérarchisé.

Le star-system a encore eu la peau d’une ou deux émissions par grille d’antennes nationales. La diversité de l’expression radiophonique en prend pour son grade.

La nostalgie des radios libres nous gagne alors… Un peu comme un universitaire et mai 68. Que l’on n’a pas connu. Mai 68 comme le temps des radios libres. Oui, grossière erreur ! Ne parlons même pas de pousser le vice à assister, voir participer à un piratage éphémère et local des ondes.

Pirater mais pour dire quoi, pour faire quoi, pour diffuser quoi ?

Mouais, on y réfléchira un autre jour. L’expérience de Radio kom.post était désillusionnante : pirater pour nous proposer trois émissions cérébrales et nombrilistes.

What a Hundred Million Calls to 311 Reveal About New York
La radio piratait depuis La Panacée, à Montpellier dans le cadre d’une exposition intitulée Conversations électriques. La majorité des œuvres sont des cartes ou comportent des indications de lieux. La conversation qui n’implique par définition que des personnes est représentée par des paysages, par des lieux connectés. 

Chose curieuse mais qui ne nous paraît pas déraisonnable.

Ce n’est pas nécessairement une lubie d’artistes. Nos premiers mots sont souvent « tu es où ? », le téléphone portable au creux du cou.

Mais c’est remarquable.

La radio en Suède : un marché concentré

Extrait de mon travail de recherche en cours… Ma dernière lubie : associer géographie économique, radio et Suède. Tout un programme ! Donc une radio suédoise : Sveriges Radio, de son petit nom SR, c’est le radiodiffuseur public suédois. Ce qui m’intéresse : sa stratégie d’internationalisation…
 fuzzy broadcast by © Floresent-Adolesent1
 fuzzy broadcast by © Floresent-Adolesent1
Tout comme la British Broadcasting Corporation (BBC), SR est née d’une initiative privée en 1924. Mais la licence d’exploitation est bien vite rectifiée par le gouvernement social-démocrate. 

La radio, publique donc, reste longtemps protégée. En 1979, le Parlement autorise l’émergence de radios de proximité. Elles répondent à des critères stricts de programmation et ne peuvent émettre dans un rayon de cinq kilomètres uniquement. Ce n’est qu’en 1993 que sont introduites les radios commerciales. Les concessions sont vendues aux enchères par le Parlement. Le coût élevé de celles-ci ajouté à un investissement de départ démesuré entraînent des faillites et des fusions sur le marché malgré les prévenances du Parlement : aucun concessionnaire ne peut détenir plusieurs concessions, les stations locales ne peuvent être contrôlées en majorité par un quotidien. 

Aujourd'hui, deux réseaux dominent le marché : Modern Times Group Radio (MTG Radio) avec quarante-six stations et Scandinavian Broadcasting Systems Radio (SBS Radio) avec quarante stations. Toutefois, SR conserve environ 60 % des parts d’audience. Les radios commerciales s’adressent préférentiellement à un jeune public urbain grâce à un programme musical conséquent. En d’autres termes, le marché de la radio, en Suède, est concentré avec un faible nombre de stations FM, cent vingt-quatre, contrôlées par trois groupes MTG (46), SBS (40) et SR (33). A travers SR, l’acteur public intervient pour le maintien d’une diversité à l’aide d’une gamme complète de produits culturels. SR international s’inscrit dans ce contexte.

Sources :
Ambassade de France à Stockholm, (janvier 2009), « Les médias en Suède », dans Paysage médiatique, disponible à l’adresse http://www.ambafrance-se.org/france_suede/spip.php?article1766
Observatoire Européen de l’Audiovisuel, (9 avril 2002), La situation financière des organismes publics de radio-télévision en Europe tend à se dégrader, disponible à l’adresse http://www.obs.coe.int/about/oea/pr/service_public.html
WEIBULL Lennart, JÖNSSON Anna Maria, WADBRING Ingela, (16 février 2011), “Media Landscape: Sweden”, dans European Journalism Center, disponible à l’adresse http://www.ejc.net/media_landscape/article/sweden/

#Nuitsujet "Dégage !"

« Dégage ! » C’était le mot d’ordre de la #Nuitsujet, collaboration bien sympathique du site web Owni et de la Radio Nova. Six heures d’une émission dans une ambiance bon enfant, une playlist musicale séduisante et bien sûr, un thème général lié au « Printemps arabe », Internet et toute une panoplie de termes geek… Différentes interventions se sont succédées avec des petits noms d’Owni mais aussi des universitaires, des activistes, de Chine, de Guadeloupe, de Tunisie et d’ailleurs, en français, en anglais et quelques mots d’espagnol. Un traitement de l’information décalé, sérieux, toujours pertinent qui évoluait au gré de l’éthylotest de l’application Owni. Des répliques qui font mouche comme « Internet, c’est surtout des vidéos de chats » de Vincent Glad. Bref, une très belle expérience radiophonique, à réécouter !

No 104 - Premiers essais studio


Ouagadougou, le 2 septembre 2010, 11h 

C’est non sans fierté que le petit être fragile a aujourd'hui poussé les portes du studio d’enregistrement. Bon d’accord, je les avais enfoncé plusieurs fois, oui comme Kool Shen et Joey Starr, pour amener une annonce d’un reportage ou une dépêche hyper méga essentielle dans une page internationale. 


Mais cette fois-ci, je les ai poussées tout gentiment et j’ai pu m’installer, casque sur les oreilles, pour enregistrer mes dossiers, mes dépêches. Je quitte mon stage demain ? Ah oui, c’est vrai mais mieux vaut tard que jamais. 


Alors un peu impressionnée, j’ai commencé la lecture de mes petits papiers sauf que voilà, à la radio, seule ta voix fait la gueule, la joie, la surprise, le mépris, la déception, l’incroyable. Quelques notions techniques me manquent. Par exemple, en mode lecture normale d’un texte, il est quasi impossible d’entendre la fin de mes phrases, quelque peu embêtant. Nouvel essai, en mode théâtral et impossible de me suivre pour mes auditeurs (la rédaction, j’entends) parce que je parle trop vite. 


Nouveau stage nécessaire… ou je pourrais tenter le podcast sur mon blog !

No 103 - Flatteries


Ouagadougou, le 1er septembre 2010, 17h 

Depuis lundi, les choses sont claires : je clos mon stage vendredi. Chacun prétend m’avoir apporté le bonheur, la joie et l’allégresse. Mission accomplie ! J’aimerais pourtant leur préciser deux, trois choses mais l’affaire a tourné au désastre ce matin : 12 contre le petit être fragile, c’était pas trop du juste… 

La date fatidique approchant, les flatteries en tout genre se font plus denses. Aujourd'hui, c’était une statuette représentant un caïman et son petit ; une oreille attentive à mes épanchements type psychologie de comptoir ; un éloge à mon nom… Pour obtenir ? une adresse, un mail, un correspondant, un projet, un contact, de l’argent… mais pas de sourires. 

Et j’aurais souhaité que les gens cessent leur fantasme et qu’ils envisagent la Blanche dans la vraie vie, avec des réalités différentes, certes, mais qui comporte aussi ses enjeux. Oui, je conseille la quête de signatures sur une convention de stage à l’étranger (ni en ambassade de France, ni dans une multinationale française) avec 56 heures de travail hebdomadaire. Ou encore la recherche de 1 200 €, non, l’argent ne tombe pas dans les mains des Blancs. 


Je ne me fais pas d’illusions. Après Mélanie, la rédaction aura Amarande. Mais je ne suis pas venue défendre l’image de la France. Je suis venue apprendre et ils ont refusé de m’enseigner leur savoir-faire.

No 99 - Le monde à l'envers


Ouagadougou, le 30 août 2010, 11h 
Dans l’euphorie du jour, caractérisé par la venue de M Baba Hama, le nouveau stagiaire (un Gabonais qui étudie à Lomé) m’a demandé de lui expliquer le bâtonnage. 

Sous les yeux d’Harouna Sana, je me suis donc exécutée. La stagiaire explique au stagiaire.

No 94 - Point presse à la mode burkinabé


Ouagadougou, le 26 août 2010, 12h 

Ils auraient dû choisir une salle encore plus petite. La table carrée est immense, les rangs de journalistes touchent les fauteuils des maîtres. 


Léonce Koné, oui un cousin, préside le point presse qui tente de répondre aux inquiétudes de la population sur la disponibilité et le prix des produits domestiques en période de ramadan. Il est accompagné des DG de Diament Ciment (monopole sur le ciment), Sodisucre (monopole sur le sucre), SONABHY (monopole sur les hydrocarbures) et de deux labels de grande distribution. La direction générale des impôts assistait également aux festivités. Et la ligue des consommateurs était représentée par son président. 

Le ministre du commerce, probablement dérangé durant son congé, lisait son papier sans toutefois bien comprendre les tenants et les aboutissants de ces augmentations. 

Plusieurs problèmes bien distincts se posent simultanément. 

Pour le sucre, l’affaire est simple. La production est suffisante ; la Sodisucre n’a pas modifié ses prix. Le boutiquier profite simplement de cette période de jeûne pour augmenter ses prix. 

Pour le ciment, la production n’est pas suffisante en raison des constructions du Cinquantenaire à Bobo-Dioulasso. Diament Ciment se propose d’importer auprès de la filière nationale ghanéenne du même groupe les 30 000 tonnes de ciment manquantes. 

Du côté de l’essence, le consommateur subit une augmentation de 6% depuis le 11 août dernier. En théorie, l’Etat burkinabé tente de réduire les effets indésirables de la libéralisation des marchés internationaux de matières premières. Pour éviter les fluctuations quotidiennes, le gouvernement a encaissé la hausse du prix du baril dans l’espoir que le prix baisse. Mais il n’en est rien et l’Etat, en juillet 2010, ne peut plus assurer les dépenses engagées depuis le mois de janvier. 

Quand au gaz, le ministre a noyé le poisson en blablatant sur le marché anarchique des bouteilles de gaz. Sauf que c’est le sujet qui inquiète le plus l’auditeur. En effet, le Burkina Faso rencontre un problème dans l’approvisionnement de son marché en gaz domestique.


NB du 7 septembre : Les premières bouteilles de gaz sont venues le 7 septembre. Leur distribution a entraîné quelques mouvements de foule... Les premiers signes d'une diminution trop brutale des stocks de charbon étaient visibles.


No 93 - 267 jours de captivité


Ouagadougou, le 23 août 2010, 19h 
267 jours de détention dans les pattes. Le gouvernement espagnol remercie en premier lieu le Maroc avec un communiqué du ministre de l’Intérieur en visite officielle et les gouvernements africains de la zone, formule vague du Premier Ministre Zapatero. Mais l’euphorie de la RTB ? 

267 jours de détention et une promesse de retrouver leurs proches ce soir. C’était sans compter sur la détermination de Blaise Compaoré en campagne électorale. L’hélicoptère burkinabé a donc effectué un détour par la présidence du Faso. Les deux hommes ont dû empoigner les mains de ce chef d’Etat africain, depuis 23 ans. 

Qui est Mustapha Chafi ? Quel est son lien avec le président du Faso ? Quel est le rôle respectif du Mali, du Maroc ou de la Mauritanie dans cette affaire ? On en sait peu sur ces négociations mais une chose est sûre et les Burkinabè ne sont pas dupes : ils sont nombreux les intermédiaires à être arrosés. 

Depuis les années 2000, Blaise Compaoré souhaite devenir l’homme de toutes les négociations : crise ivoirienne, transition démocratique en Guinée Conakry, AQMI. Blaise Compaoré rêve d’être le chef d’Etat africain incontournable, soutenu par les Occidentaux, dans la stabilisation de l’ancienne Afrique occidentale française. C’est une question d’image et de financement

Car, oui, chaque intervention se monnaye. Souvent plus sensibles à la vie politique et parfois inquiets pour leurs petites économies, nos amis les riches s’inquiètent des répercussions de ces prises de position. Mustapha Chafi n’est pas le bienvenu dans son pays, la Mauritanie, quelle est la nature de ses relations avec le président du Faso ? Aucun doute néanmoins que ce Monsieur ait récupéré un ou deux million(s) d’euros espagnols. 


Mais la population, dans sa grande majorité, s’inquiète. Il ne faut pas plaisanter avec Al Qaïda au Maghreb islamique. Pourquoi diable le Burkina Faso se mêle de ces histoires ? Est-ce qu’AQMI s’implante avec succès dans le Nord et l’Est du pays ? Que font les autorités burkinabé : arrestation avec sortie par la porte de derrière ? Quel est le marché réel que cachent ces agissements ? En effet, AQMI qui se balade à la frontière Nord-Est est un groupe terroriste opportuniste et le réseau d’intermédiaires qui gravite autour de quelques fanatiques est dense, les retombées non négligeables. L’individu lambda s’inquiète des mises en garde françaises, Etats-uniennes et canadiennes à leurs ressortissants parce que l’individu lambda pense profiter plus facilement de retombées économiques liées au tourisme plutôt qu’au terrorisme. Parce que l’individu lambda, malgré une culture si différente de la mienne, n’apprécie pas spécialement les voyous, il ne faut pas croire !

No 92 - Un journalisme, des journalismes


Ouagadougou, le 23 août 2010, 15h30 

Rama a un répétiteur en mathématiques. Je dis toujours un précepteur. Oui, je suis en mode société patricienne. Parce que chez nos amis les riches, le personnel domestique est très nombreux : le gardien, la domestique, la gouvernante, le(s) précepteur(s), la dame lessive, le monsieur repassage, la dame couture et le jardinier. Et d’ailleurs ça a mal fini, chez les patriciens. 

Le répétiteur ? Le répétiteur était très étonné qu’une Française vienne apprendre le journalisme au Burkina Faso. Pour lui, le journalisme a été apporté ici par les Français : le monde à l’envers en quelque sorte. 

J’avoue ne pas avoir réfléchi à la question : qui a appris le métier de journaliste à qui ? Mais j’avais cette volonté d’apprendre le journalisme africain. J’ai même eu un projet, à la rentrée 2008, de réaliser mes études de journalisme sur le continent, dans une université anglaise. 

Je crois que c’est l’effet discours de Dakar. Suite au discours de Dakar, la presse africaine produisait des analyses intéressantes au ton impertinent. Mais il est vrai qu’il s’agissait là de morceaux choisis au soin du Courrier International

La presse française et occidentale, je pense, rencontre des difficultés. « Un journaliste est quelqu’un qui lit le journal. » c’est ce que m’a dit un ami il y a peu de temps. Remarque pertinente. 

Je pensais venir au Burkina Faso et apprendre un métier de terrain. Je pensais que le journaliste burkinabé était sur le terrain, allait à la rencontre des populations, réalisait des enquêtes et des échanges moins sophistiquées, plus humaines. Et j’aurais aimé rencontrer cette liberté de ton que j’avais aperçu lors du discours de Dakar. Point de tout ça auprès des journalistes de la RTB qui répondent à une invitation, digèrent le compte-rendu de la cérémonie que l’organisateur leur a remis et qui reçoivent bien souvent un bon d'essence. 

C’est aussi une réalité du métier de journaliste au Burkina Faso. Malheureusement pour moi, je ne suis pas satisfaite dans mon apprentissage du métier.

No 87 - Apprends à la sortie de l'école


Ouagadougou, le 18 août 2010, 19h30 

Harouna Sana est au commande, j’attends patiemment le retour de Prosper. Et j’ai remarqué qu’en quittant le travail à 19h, en lieu et place de 19h30, je peux rattraper mon ennui en discutant avec les personnes présentes à la sortie. 

Oui, l’échange avec les techniciens, le gardien du parking, d’autres journalistes, voir les militaires, permet d’en apprendre bien plus en 5 minutes que lors de mes 9 heures assises dans la salle de rédaction. 

Aujourd'hui, j’ai pu comprendre la formation des journalistes au Burkina Faso. Deux voies existent : l’Institut des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication et un diplôme de l’UFR de communication à Ouagadougou. Leur formation comprend des cours d’investigation tout comme les formations européennes. Malheureusement ces enseignements n’ont que peu d’utilités. Les initiatives personnelles sont fortement réprimandées. A court terme, le journaliste apprend à attendre d’être invité à une manifestation, à digérer le compte-rendu que l’organisateur lui propose.

No 84 - Du menu au conducteur


Ouagadougou, le 17 août 2010, 10h 

Que fait-on du menu griffonné sur le papier lors de la réunion journalière ? 

- On détermine l’évènement à la une. Pour cela, il faut trier les informations selon leur importance. Cet exercice est difficile puisqu’il ne repose pas sur des règles d’objectivité. Par exemple, la radio nationale choisira toujours de débuter son journal par un évènement qui met en scène Blaise Compaoré quelque soit la gravité ou l’impact des autres faits de l’actualité. 

- Dans le reste des nouvelles, on recherche des éléments similaires afin d’isoler une rubrique : économie, agriculture, santé, etc.. 

- Le journal sera donc constitué de deux ou trois rubriques, séparées par des flashs, soit un jingle musical. 

- On ajoute une page internationale (que je fais lorsque Prosper est là, aujourd'hui c’est Harouna), le sport (réalisé par un autre service de la radio) et enfin une chronique (société, santé…). 

- Si le journaliste veut parler entre les reportages, il introduit une ligne micro précisément avant ou après le reportage qu’il souhaite introduire ou commenter. 

De manière concrète 

Le menu de ce matin : 
- le cinquantenaire au Gabon 
- le suivi de la campagne agricole 
- le cinquantenaire au Congo 
- la fermeture du site de Bourzanga 
- les consultations bilatérales sur la coopération japonaise 

Le conducteur d’Harouna Sana : 



Avec Prosper, nous aurions préféré ouvrir avec le cinquantenaire au Gabon puisque le président du Faso s’y est rendu, puis enchaîné sur le cinquantenaire au Congo et clore cette rubrique plutôt relations extérieures par les consultations japonaises. Dans une seconde rubrique, nous aurions l’économie des matières premières avec la campagne agricole et l’orpaillage.

No 72 - Paranoïa


Ouagadougou, le 11 août 2010, 23h 

Depuis ma mésaventure du taxi, je suis paranoïaque. Chaque Burkinabè pourrait profiter de ma faible expérience et connaissance du pays. Les commerçants m’agacent mais je n’ai que peu de contacts avec eux. L’essaim de jeunes hommes qui cherchent leur billet pour la France, je gère. 

Mes derniers soupçons portent sur le chef de rédaction. Il m’inscrit constamment dans les reportages politiques et demande un compte-rendu et une analyse pour chacun d’eux. En pleine période électorale, j’ai peur qu’ils emploient le nom de leur petite Frenchy pour se prononcer. Ce ne serait pas la première fois qu’un maître de stage utilise un stagiaire à des fins peu orthodoxes. Les géographes connaissent cette situation dans la cartographie, les SIG. Néanmoins, je pense que la radio pâtirait d’une telle initiative. Quel est le risque réel au Burkina Faso ? La presse est officiellement libre mais nous sommes à l’approche des élections présidentielles et le climat est plutôt incertain. Je n’ai pas relevé d’incidents seulement les journalistes s’autocensurent de manière extrême. Le Burkina Faso est très loin de la démocratie.


No 69 - Premier reportage


Ouagadougou, le 11 août 2010, 10h 

Aurais-je une semaine d’avance sur mon programme de stage ? Aujourd'hui, j’assiste à mon premier reportage, le terrain que j’attends… 

Nous sommes partis en voiture. Nous égale le journaliste, deux techniciens, le chauffeur et moi-même. Nous avons tourné quelques temps avant d’arriver dans une petite salle, peu éclairée, moite, agrémentée de cinq rangées de bancs. Un homme a lu son discours, nous avons pris des notes avant que ce même discours nous soit distribué. A la sortie de la conférence de presse, Mathieu Somda, le journaliste, a posé quelques questions à Me Sankara. 

Une petite heure de parlotte, trois quarts d’heure d’attente… La radio nationale se déplaçait à la conférence de presse du principal parti de l’opposition, l’UNIR-PS.

No 63 - La semaine en bref


Ouagadougou, le 6 août 2010, 20h 

En cette fin de semaine, le bilan est plutôt maussade. Durant les trois premiers jours, l’équipe de rédaction m’a très consciemment mise à l’écart alors qu’Harouna Sana (le maître de stage) régnait. Une absence de confiance poussée à l’extrême puisqu’il ne m’était pas permis de saisir un texte. Peut-être aussi une manière d’observer comment le petit être fragile allait se comporter alors qu’on ne lui prêtait aucune attention. 

Prenant mon mal en patience, j’ai gentiment digérer les dépêches. 

Jeudi était donc férié et le chef de rédaction a semblé se réveiller m’accusant presque de ne pas réaliser le journal pour mon maître de stage. Malheureusement le mimétisme ne fait pas tout et après une semaine et demie de stage, il reste difficile d’élaborer un conducteur pour le technicien. Malgré mes questions et les réponses que l’on m’a proposées, je ne comprends pas la logique dans l’ordre des éléments dans un journal. 

L’après-midi, Harouna Sana avait pu larguer de nombreuses ouailles et j’ai commencé mon programme de la semaine : la rédaction de dossiers. Jeudi soir, j’ai donc rédigé mon premier dossier, sans explications aucune, sur les inondations au Pakistan. 

Et puis vendredi, surprise, j’ai rédigé un dossier sur la commémoration des 65 ans d’Hiroshima, enregistré pour le journal.

No 61 - Hiroshima, il y a 65 ans...


Ouagadougou, le 6 août 2010, 13h 

Au 13h de Romaine Zidouemba, j’ai écrit huit brèves de l’actualité internationale mais surtout un mini-dossier sur la commémoration du 6 août 1945. 

# Au Japon/ la communauté internationale a commémoré aujourd'hui le 65ème anniversaire du bombardement nucléaire de la ville d’Hiroshima/ qui avait fait 140 000 morts// Pour la première fois/ des représentants des Etats-Unis/ de Grande Bretagne/ de France et le secrétaire général des Nations Unies ont assisté aux cérémonies// 

Plage 

# Le 6 août 1945/ pour la première fois de l’histoire/ l’arme nucléaire était utilisée à Hiroshima/ au Japon/ par les Etats-Unis pour mettre fin à la Seconde Guerre Mondiale// L’explosion avait tué 140 000 personnes// 3 jours plus tard/ soit le 9 août/ une nouvelle bombe nucléaire américaine touchait la ville de Nagasaki/ faisant 70 000 morts// Aujourd'hui/ la communauté internationale a commémoré la tragédie lors d’une célébration à Hiroshima/ présidée par le maire de la ville/ en présence des représentants de 70 nations// Pour la première fois également/ un officiel américain/ a assisté à la cérémonie// L’ambassadeur auprès du Japon/ John Roos/ a déposé une gerbe en mémoire de toutes les victimes de la Seconde Guerre Mondiale// La France et la Grande Bretagne/ alliés des Etats-Unis dans ce conflit/ se sont aussi déplacés/ ainsi que le secrétaire général des Nations Unies// Hier/ Ban Ki-moon/ en visite à Nagasaki/ a insisté sur la nécessité d’une dénucléarisation mondial// Le désarmement nucléaire est réclamé par le Japon/ et soutenu par Barack Obama// En avril 2009/ le président américain avait appelé à un monde sans armes nucléaires// Le discours de Prague lui a valut le prix Nobel de la paix la même année// 

De telles avancées n’ont pas été jusqu’à l’enregistrement du dossier. C’est donc Mahmadi Kounkorgo, jeune journaliste qui m’a offert un thé ce matin.

No 59 - La coupe du Faso


Ouagadougou, le 5 août 2010, 16h 

Cette après-midi, c’est la finale de la coupe du Faso : Union Sportive des Forces Armées face au Racing Club de Bobo-Dioulasso. Les tribunes sont désespérément vides dans le stade du 4 août, à Ouagadougou alors que l’entrée au match était gratuite.

No 58 - Aujourd'hui, c'est férié


Ouagadougou, le 5 août 2010, 15h

Et les Burkinabè savent tout juste pourquoi. Je m’explique.

Aujourd'hui on fête l’indépendance mais non la fête nationale du 11 décembre. Seulement les festivités du cinquantenaire de l’indépendance se feront le 11 décembre, qui commémore la proclamation de la république en 1958. Ce qui s’ajoute à une autre confusion entre le 4 et le 5 août : le 4 août, on fête la révolution de 1983 ou encore le changement de nom de la Haute Volta pour le Burkina Faso, un an plus tard.

Sinon, je travaille aujourd'hui. La radio ne s’interrompt pas en ce jour !