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Reçu cinq sur cinq tout en montant les escaliers quatre à quatre

Un jour d'anniversaire, au petit déjeuner, vu dans le Courrier-Picard :
Les départements français dissimulent quelques subtilités de langage, en particulier le Loir et la Loire. 

Allons-y gaiement, atlas très cher : le Loir est une rivière, la Loire un fleuve. Le Loir prend sa source en Eure-et-Loire, il se jette dans la Sarthe, qui se jette dans la Maine, qui se jette dans la Loire. Oui, la Loire transporte un peu du Loir... Nos moutons ? Soit, Eure-et-Loir, Loir-et Cher contre Indre-et-Loire, Maine-et-Loire. Ce sont des associations de noms de rivières ou de fleuves qui font le même nombre de lettres, cinq sur cinq ou quatre à quatre.

Je n'ai point inventé le fil à couper le beurre mais je lis les timbrés de l'orthographe.

En Arles, en Avignon

Voilà-t’y pas que par deux fois depuis mon retour de tes contrées, je fus reprise : « Ce n’est pas à Arles, c’est en Arles ! ». Soit mais pourquoi ? Parce que vois-tu, depuis que j’ai un prof de suédois, si, si synapse, j’en apprécie que mieux la grammaire française que je comprends. 

Arles est la commune française dont le territoire est le plus étendu en France métropolitaine avec ses 759 km². Tant que nous y sommes, la plus grande commune de France est Maripasoula en Guyane (18 360 km²). Et pour comparaison, Paris s’étend sur 105,4 km². Et pour être tout à fait exhaustifs, ajoutons que les communes limitrophes de Saintes-Maries-de-la-Mer et de Saint-Martin-de-Crau représentent respectivement les deuxième et cinquième communes de France métropolitaine ; et que Saint-Martin-de-Crau était intégré à Arles jusqu’en 1925. Nos moutons ? Arles, plus grande commune de France ; ce territoire est un joli souvenir de la Provence arlésienne. A la fin du IXe siècle se constitue le Royaume d’Arles avec une dynastie des comtes d’Arles installé à Arles, oui le bourg ! Le royaume capitula face à Charles d’Anjou à la fin du XIIIe siècle. Toutefois, le bourg resta maître de ces vastes espaces peu densément peuplés. En Arles parce qu’il s’agit d’un territoire et non d’un lieu

En Avignon parce qu’il s’agissait d’un territoire de la papauté. L’évidence même… 

Allons très cher, nous en serons que moins bêtes ce soir.

Massilia















En partance pour Massilia, 

sa culture urbaine et musicale qui m’a tant forgée, 
ce lieu fascinant et les souvenirs d’un sacré gentleman

Transformer un lieu en objet d’étude n’est pas sans risque mais qui sait, les charmes de la cité seront rompre les automatismes académiques.

La bibliographie et le(s) lieu(x) de publication

Rentrée du 5 janvier 2011 (à la fac, hein), 15 heures, M Derieux :
Tiens, tu sais, lorsque tu réalises ta charmante bibliographie à l’issue de chacun de tes devoirs, tu as parfois un souci avec la littérature anglo-saxonne : il y a deux lieux d’édition. A croire que l’on t’en veut vraiment ! Le plus souvent, tu lis New York et Londres (chez Routledge en particulier), à la rigueur New York et Toronto. Mais parfois c’est Northampton et Londres, chez Edward Elgar. Northampton… mais c’est où ça ? Dans le Massachussets, très cher.
  
Que faire face à un tel déchaînement des éléments contre toi à une demi-heure de rendre ton papier ? Tu prends le lieu d’édition aux Etats-Unis. Et il y a une logique, je t’explique : 

Il ne t’aura pas échappé qu’il existe des droits de propriété intellectuelle et des droits de propriété industrielle. Les Etats-Unis apprécient et protègent des droits de propriété industrielle, la propriété intellectuelle les passionnent moins. Ils ont ainsi tardé à ratifier la Convention de Berne, premier texte de droit international des médias. Les Etats-Unis ratifient en 1989 cette convention de 1886. Mais, il y a toujours un mais, la Convention de Berne prévoit dans son article 3 de protéger « en vertu de la présente Convention : » 
« b) les auteurs ne ressortissant pas à l’un des pays de l’Union, pour les œuvres qu’ils publient pour la première fois dans l’un de ces pays ou simultanément dans un pays étranger à l’Union et dans un pays de l’Union. » 

Fichtre, c’est bougrement intelligent. Les auteurs Etats-uniens ont donc pris pour habitude de publier, de manière un peu fictive, leurs ouvrages aux Etats-Unis et en Grande Bretagne ou aux Etats-Unis et au Canada. On se couchera tellement moins bête ce soir.

Interdisciplinaire - transdisciplinaire - pluridisciplinaire

H.H.F!!!
Le 26 novembre 2010, 11h30, Mme Sonnac : 
J’écoutais bien sagement un xème enseignement de méthodologie de la recherche quand tout à coup, entre le modèle de référencement des ouvrages et la problématique « ensemble des hypothèses, des orientations, des problèmes envisagés dans une théorie, dans une recherche », j’apprends que mon mémoire s’inscrit dans le transdisciplinaire, voir le pluridisciplinaire. 

Fichtre, moi qui suis interdisciplinaire de par ma discipline, la géographie. Et que l’interdisciplinarité est le maître mot de la citadelle, aka Normale Sup’. Oh mon Dieu, j’ai changé de paradigme sans même m’en apercevoir ! 

Allons-y gaiement, dictionnaire très cher : transdisciplinaire, « qui dépasse les cloisonnements entre les disciplines » ; pluridisciplinaire, « qui concerne plusieurs disciplines, domaines d’étude » ; interdisciplinaire, « qui relève des relations entre plusieurs disciplines, plusieurs sciences ». L’interdisciplinaire implique donc que les frontières entre les disciplines soient fixes et étanches. Oh que je n’aime pas ça… Comment les frontières de la géographie peuvent-elles être fixes et étanches alors que nos charmants professeurs refusent d’enseigner la géographie physique, que les sciences nous ont escamoté l’environnement, que les sciences politiques dévalisent la géopolitique et que la ville est parfois tellement mieux étudiée par les sciences sociales ? Je dirais bien que notre champ disciplinaire tend à se réduire à une peau de chagrin en France. Il y a dissonance cognitive

Comment balayer quatre en an de paradigme ou l’art des séminaires de recherche… 

NB du 8 janvier : Pour la nouvelle année, les Cafés géographiques ont écrit un charmant éditorial où il est question du rognage de la géographie.

Exercice de style

Whispers at night
Petit bijou stylistique, vois-tu les historiens sont parfois décrits comme des écrivains ratés… Des écrivains ratés, certes mais qui écrivent incontestablement mieux que les géographes. Alors il nous faut de temps à autres avancer les ouvrages particulièrement bien écrits. Ont-ils du mérite pour autant ? Il s’agit bien souvent de géographes dont la formation historique est plus élevée que la moyenne. Encore un préjugé qui connaîtra une vie prospère. 

Aujourd'hui, je voulais donc te présenter un morceau choisi du livre Géographie humaine et économique contemporaine où M Paul Claval imagine un sujet traité de six manières différentes selon l’époque, l’école, le paradigme. 

Petit aperçu : 

Chapitre 2 : Un exemple : Montréal et le Québec vus à travers les trois conceptions classiques de la géographie p 39-54

I Le Québec et Montréal : l’optique régionale p 39-43
II Le Québec et Montréal : l’optique des relations des hommes et du milieu p 44-48
III Le Québec et Montréal : l’optique du paysage p 48-53
IV Conclusion p 53-54


Chapitre 6 : Montréal et le Québec selon les conceptions modernes de la géographie p 129-145

I Le Québec et Montréal vus par les géographes systématistes des années 1960 p 130-137
II Le Québec et Montréal à travers les développements théoriques des années 1970 p 137-140
III La vue radicale du Québec et de Montréal p 140-142
IV Le factice et l’authentique : pour une appréhension phénoménologique de la réalité québécoise et montréalaise p 143-145


Il me semble que cet exercice est enrichissant pour l’épistémologie. Parfois, deux chercheurs peuvent se croiser sur un unique terrain ou objet géographique avec deux approches géographiques dissemblables. C’est ainsi que Sylvie Jaglin (géopolitique) et une collègue canadienne (genre) obtinrent des conclusions quasi-opposées alors qu’elles étudiaient l’impact du forage d’un puits dans une communauté burkinabé. 

CLAVAL Paul, (1984), Géographie humaine et économique contemporaine, PUF : Paris 

Geography Map

Le 16 septembre 2009, 12h15, Mme Collignon : 
Il faut préférer la terminologie « les géographes » à celle de « la géographie » dans nos devoirs. Youhou, allons-y gaiement ! 

Afin d’appliquer cette règle, fichtrement cool et tendance, il serait bon, me semble-t-il de mieux connaître nos prédécesseurs. Avec des moyens modernes et ludiques, qu’est-ce que t’en penses, Hortense ? Du haut de mes petits 22 ans, j’imagine assez bien une carte des géographes. Oh, une carte de géographes, c’est magnifique. Ce serait une carte, à la manière des music maps, comme ça. Ainsi, tu tapes le nom d’un géographe et un nuage de géographes proches apparaissent. Les liens de proximité seraient établi grâce à une base de données recensant les géographes, leurs directeurs de mémoire/ thèse/ HDR, leurs équipes de recherche, leurs collaborations au sein d’articles et d’ouvrages. On compléterait avec les liens familiaux et matrimoniaux. Ce serait tellement beau.

Le fabuleux monde agricole...

Et si, deux Marguerites nous ont rejoint dans ce marais !
Le 15 avril 2008, 15 heures et ça capte pas :
Aujourd’hui, c’est terrain ! A défaut d’argent, d’assurances adéquats et papiers administratifs en tout genre, l’équipe enseignante de l’IGAR(oUN) perd ses charmants étudiants dans les campagnes françaises. Allons-y gaiement : bottes en caoutchouc pour affronter la boue, check ; pince-nez pour résister aux douces odeurs du lisier, check ; dictionnaire du parler argotique afin de faciliter la compréhension en ses contrées si… rurales, check

Non, non, non… Mme Margetic se tue à te répéter que l’agriculture, c’est fun, jeune, beau, dynamique, sexy et respectueux de l’environnement. Oh mon dieu, je t’ai dégoté the exploitation selon le monde édulcoré de l’enseignement Campagnes, le DEUG, l’IGAR(oUN), la géographie, oui tout ça, au moins. 

Une vingtaine de minutes plus tard, à vélo et en robe… le rôle de greluche facilite l’approche des acteurs du monde agricole, je te promets… j’atterris dans une exploitation agricole. Enfin, c’est ce qui est inscrit sur le papier. Parce que là, tout de suite, sans la moindre trace de bêbêtes du nom de Marguerite, Généton, Daffy-Duck ou même Juliette, en l’absence de bâtiments d’exploitation et sur une surface de 6 hectares, j’émets quelques doutes. Don’t panic! Les Salines de Millac sont une EARL tenue par un jeune couple et leur produit agricole, c’est le sel. Agricole reste à voir. En d’autres termes, il s’agit d’un produit minier dont le caractère alimentaire est tout juste reconnu. 

L’amour est dans le pré… Pardon, un étrange vocabulaire, aux connotations si néolibérales gagne mon terrain, nos campagnes : diversification et innovation. Alors mon exploitation si bien accrochée à la mondialisation… un petit bijou, avoue-le… se diversifie pour mieux rebondir. Leurs dirigeants espèrent augmenter la production de salicornes, investir dans le tourisme. L’innovation, gros mot de l’économie mondiale, c’est élaborer de nouveaux produits enfin surtout un nouveau packaging. Faut pas déconner non plus.

La force de Coriolis


http://cityofdesire.tumblr.com/post/880332988/pink-andsoft-via-screammealullaby
noise in the universe
Rentrée du 26 février 2007, 8 heures, M Comentale :
Fuck it, figure-toi que l’eau de l’évier s’écoule dans le même sens, indifférente à l’hémisphère dans lequel se situe ton évier. Il s’agit là d’un motif suffisant à toute cessation des études de géographie ! 

Cette charmante légende est fondée sur quelque expression de la force de Coriolis. Mais vois-tu, la force de Coriolis est beaucoup trop faible pour entraîner l’eau de ton évier dans un sens ou un autre. C’est la forme de l’évier, du lavabo ou du bidet qui vont déterminer le sens de rotation. 

Éventuellement, tu peux observer la force de Coriolis sur l’usure des rails du train : au Nord, sur un virage à droite, le rail de droite serait plus abîmé ; au Sud, le rail de gauche dans un virage à gauche serait plus endommagé. 

Oui, la SNCF sécurise ses voies… Fichtre